Grevenmacher – Histoire 1985

Grevenmacher – Histoire:

Présentation: Pierre Hochweiler (1985) – Annotations: Monique Hermes (2019)

Avant l’ère romaine, la région mosellane était peuplée par les Trévires, une tribu celtique qui, avec d’autres conquérants de l’époque romaine et franque, ont marqué le type mosellan.

Après la conquête romaine, l’empereur Probus (232-282) introduisit la vigne sur les coteaux de la Gaule vers 310/312. Le Bordelais Ausone (+/- 310- 393/394) chanta la Moselle dans un poème célèbre et vanta les qualités des crus mosellans. Depuis, la vigne est cultivée dans nos régions et constitue le nerf vital de la vallée.

En 408, Machern a dû subir l’assaut des Huns et plus tard celui des Normands. Chaque fois l’agglomération fut gravement endommagée par les envahisseurs.

Les documents les plus anciens donnent comme forme primaire du nom de Grevenmacher les vocables Machara, Machera, Machere, Macra, Makkeren et Machre. Ce n’est que plus tard, sans doute en souvenir de son affranchissement par le Comte Henri le Blondel de Luxembourg en 1252 et pourdistinguer la ville d’autres Machern qu’on lui donna le surnom de Grafen- Machern (Machern le Comte), d’où se développe GREVENMACHER.

La fin du 9e siècle vit l’Invasion des Normands. Ils furent repoussés en avril 882 dans une sanglante bataille livrée dans la plaine de Remich-Nennig, par les Evêques de Trèves et de Metz. Les localités de la région furent entièrement détruites.

Au cours des 11e et 12e siècles les comtes de Luxembourg se virent enveloppés dans des querelles fréquentes avec les archevêques et les abbés de Trèves. Par l’entremise de l’Empereur Conrad (III, 1093/1094-1152) un arrangement fut conclu aux termes duquel l’Archevêque de Trèves (Hillin von Falmagne, +/- 1100-1169) céda en 1152 Machern au Comte de Luxembourg, en échange d’autres avantages pour lui dans la région de l’Eifel.

En 1252, Henri V, Comte de Luxembourg, dit le Blondel, accorda à l’agglomération de Machern une Charte d’Affranchissement d’après la Loi dite de Beaumont en Ardenne. Chaque année, à la Saint-Pierre, la Comte de Luxembourg installa le justicier qui devait être un bourgeois de Machern et quiavait pour l’administration à ses côtés des échevins et des notables de la Ville. En 1515, le droit de nommer le Justicier fut transmis aux bourgeois.

L’étendue de la Justicerie (Seigneurie) et plus tard de la Prévôté dépassa de loin le territoire de l’actuelle commune de Grevenmacher.

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A la suite de son affranchissement Machern fut entouré de remparts avec, au centre, un beffroi conservé jusqu’à nos jours et qui sert actuellement – et depuis 1782 – de clocher de l’église décanale (église paroissiale depuis 2017).

La Ville était accessible par trois portes principales, la Porte de Luxembourg, la porte de Thionville, la porte de Trèves et une plus petite, la porte de Munschecker (d’Echternach ? avec la tour de Munschecker à côté?). Les trois portes donnaient sur les grandes routes en direction des villes dont elles portent le nom.

Pendant la Guerre de Trente ans, 1618-1648, le pays mosellan dut endurer bien des souffrances de la part des Impériaux.

Après cette guerre, qui dévasta une grande partie de l’Europe, le Maréchal Turenne occupa, en 1645, Grevenmacher et dévasta une partie de ses fortifications. La ville subit des pillages par des troupes étrangères en 1647, 1649/50 et 1667.

En 1688, le mur d’enceinte fut en majeure partie démoli et les fossés comblés.

Si l’on passe en revue les sièges, les incendies et, le plus terrible de tous, celui du 18 novembre 1822, il faut admirer le courage et l’énergie des habitants qui se mirent toujours à espérer et à reconstruire leurs modestes demeures.

Retenons que les 16e et 17e siècles sont des plus cruels dans l’histoire mouvementée de Grevenmacher.

En 1552, le Margrave Albrecht de Brandenbourg pénétra dans la ville et emporta apparemment la plus belle fille dont le sort tragique inspira les poètes et écrivains.

Une première église de Grevenmacher est citée en 1085 et le droit de patronage fut cédé à l’abbaye Cistercienne de Clairefontaine qui dut restaurer l’église en 1782. (L’abbaye précitée fut obligée à construire une nouvelle églse en 1782.) D’autres restaurations furent entreprises après l’incendie de 1822, en 1928, après la 2e guerre mondiale ainsi que fin des années 70 du 20e siècle, où la mise en valeur de l’édifice entier, le beffroi inclus, a été réalisée de main de maître (inauguration le 29 mars 1980).

L’origine de la Chapelle de la Croix (Chapelle Sainte-Croix), symbole de la ville, avec son calvaire, remonte dans les ténèbres de l’Histoire. Elle est citée pour la première fois au 12e siècle. Le calvaire qui y monte a été reconstruit à plusieurs reprises. Chapelle et calvaire furent consacrés Monuments aux Morts, en 1956 en souvenir des victimes des années de terreur 1939/40-1945. La Chapelle ainsi que le calvaire y menant furent classés monument national en 2015.

e er Le 19 siècle, débutant par le règne de la Révolution et de Napoléon 1 , a

vu naître une petite industrie, notamment une faïencerie, une sucrerie, une tuilerie, plusieurs moulins, des tanneries, une brasserie, des scieries à bois, trois

imprimeries, une fabrique de tabacs et de pipes, des sablières, une teinturerie et une fabrique de cartes à jeux.

En 1880/81, après de longues tractations avec l’administration militaire prussienne, la Ville fit construire le premier pont de la Moselle. Détruit au cours des opérations militaires de 1944/45, le pont fut reconstruit après la 2e guerre mondiale et rouvert en 1955.

L’année 1891 vit enfin se réaliser le raccordement tardif de la ville au réseau ferroviaire.

Tandis que la guerre franco-prussienne de 1870/71 épargna le Grand- Duché, le Luxembourg fut occupé en 1914 et en 1940 par les troupes allemandes et en a dû supporter l’occupation qui était particulièrement cruelle pendant la 2e guerre mondiale.

En 1944/45, lors du retrait de la Wehrmacht et de l’avance des troupes alliées, Grevenmacher fut presque totalement détruit. Un quart des maisons et édifices publics furent rasés du sol, les autres tellement endommagés qu’ils furent rendus inhabitables.

La reconstruction fut entreprise avec courage dans un temps record. Cette reconstruction une fois terminée, les responsables de la ville pensaient à son avenir, en la dotant de l’infrastructure nécessaire pour rendre la vie plus agréable à ses habitants. Ainsi furent construits un bain en plein air, un quai d’accostage pour bateaux à passagers, un centre sportif et culturel, des courts de tennis, un terrain de camping moderne et (récemment) un stade omnisports.

La Foire aux Vins, l’Exposition de Pâques (jusqu’en 1991) la Fête du Vin et du Raisin attirent chaque année des visiteurs par milliers de tous les coins du pays et de l’étranger.

En 1965, en exécution d’un traité d’Etat conclu entre la République Française, la République Fédérale d’Allemagne et le Grand-Duché de Luxembourg, la Moselle fut canalisée entre Thionville et Coblence, reliant ainsi les bassins industriels de la Lorraine et de la Sarre au bassin de la Ruhr etpermettant l’accès aux ports du littoral belge et néerlandais.

Avec la Navigation Touristique de l’Entente de la Moselle et son bateau à passagers, le MS Princesse Marie-Astrid, 350 personnes, une attraction touristique de premier plan fut créée.

De 1880 habitants au début du 19e siècle, le nombre de la population dépasse à l’heure actuelle (décembre 1985) les 3000 (4900 fin 2018).

Avec ses entreprises, son commerce et son artisanat, son équipement touristique et son infrastructure toujours en expansion, l’avenir de Grevenmacher, centre administratif, commercial et viticole de la région mosellane, est assuré.

(19 décembre 1985 PH)

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